Macaques rhésus
Avril 2026
Dans les hauteurs de Guiyang, entre les escaliers de pierre, les temples anciens et les arbres suspendues aux flancs des montagnes, vivent des habitants aussi fascinants qu’imprévisibles, les macaques rhésus du parc Qianling. Je ne m’attendais ni à les voir si vite, ni à en voir autant.
Observateurs silencieux ou véritables petits bandits, ils partagent depuis des décennies le territoire des hommes, naviguant librement entre nature sauvage et l’agitation urbaine. Derrière leurs regards presque humains se cachent une hiérarchie complexe, des gestes tendres, des tensions, du jeu, de la curiosité… et une étonnante proximité avec l’humain.
Derrière l’émerveillement apparaît une forme de malaise.
Les singes s’approchent sans crainte, attirés par les bouteilles d’eau, les sacs ou la nourriture laissée par les visiteurs. Leur intelligence impressionne. Ils ouvrent les bouteilles avec une dextérité fascinante et ceux qui n’y parviennent pas les percent avec leurs dents. Pourtant, ces gestes racontent aussi leur dépendance à la présence humaine. Certains visiteurs les nourrissent sans réflexion, d’autres les effraient pour rire, crient lorsqu’ils s’approchent, transformant parfois cette rencontre en spectacle.
Moi qui n’aime pas les zoos, je ne pouvais m’empêcher de penser que cet endroit s’en rapprochait, d’une certaine manière. Certes, les singes sont libres. Mais leur territoire est encerclé par d’immenses immeubles de béton, dressés tout autour de la montagne comme les barreaux d’un monde dont ils ne peuvent réellement s’échapper.
Ces photgraphies n’ont pas vocation à juger ni à idéaliser. Elles sont simplement le témoignage d’une rencontre. Une tentative de saisir, à travers quelques images, la beauté, la complexité et les contradictions de cette coexistence étrange entre l’homme et l’animal.
Et peut-être aussi une manière de se rappeler que derrière chaque regard croisé se cache un être vivant qui mérite davantage que notre simple divertissement.





















